Installés en 1997 dans le Barro Viejo, le quartier
hispanique de Tucson, à une portée de guitare
du Mexique, Naïm Amor le parisien (voix, guitares, violons,
sampler) et Thomas Belhom le manceau (percussions, batterie,
accordéon, voix) n'ont jamais craint de traverser
les frontières. Qu'elles soient physiques ou musicales.
En
France, ils ont fait partie pendant dix ans ensemble, de
groupes aussi bien de hardcore (Witches Valley) que d'expérimentation
musicale et théâtrale (Génération
Chaos en collaboration avec le compositeur et percussionniste
Jean-Charles François qui dirigea pendant de nombreuses
années le département musique contemporaine
et nouvelles technologies de l'université de San Diego).
Partis à Tucson pour quelques semaines dans le but
de composer la musique d'un documentaire de Marianne Dissard
(auteur de nombreux textes et véritable troisième
membre du Duo), ils découvrent une atmosphère
et scellent des amitiés qui les retiennent au cœur
du désert et influencent durablement leur mode d'expression.
Amor Belhom Duo propose sur scène
un dialogue ininterrompu nouant chansons et improvisations.
Pour cela, leur travail ne se limite pas à une recherche
sonore, il est élargi à la prise en compte
des gestes, des regards, d'une "danse" du musicien,
elle-même motrice du rythme et du développement
de la musique.
Une particularité qui cimente leurs compositions,
reflets fidèles d'une relation fondée sur l'exil
; production multiple composant l'image séduisante
d'une liberté musicale sans complexe. Car si elles
ne sont pas sans évoquer les langueurs délicates
de leurs collègues et amis de Calexico, les orchestrations
baroques de l'Amor Belhom Duo, nourries de résurgences
de surf music, de jazz, de country, de techno, de valse et
d'expérimentations bruitistes frôlent par endroit
la noirceur délétère de la new-wave
anglaise ou le charme bleuté du Paris canaille.
Amor Belhom Duo autoproduit un premier album, "Wavelab
Performance", enregistré à Tucson en
mai 98. Cet album bénéficie
de la participation de Marianne Dissard pour les textes
et
des musiciens Joey Burns et John Convertino que Naim et
Thomas épaulent régulièrement
lors de concerts de Calexico aux Etats-Unis.
Entre
1995 et 1999, Naim et
Thomas ont enregistré avec
Calexico sous le nom ABBC l'album collaboration "Tête à Tête"
(distribution en France par Vicious Circle).
Toujours en 1999, au retour de leur première tournée
aux Etats-Unis , Amor Belhom Duo démarre l'enregistrement
d'un second album à Tucson,
au studio Wavelab avec son ingénieur du son Craig
Schumacher. Cet album réunit les mêmes collaborateurs
que pour Wavelab : Joey Burns et John Convertino, ainsi que
Marianne Dissard pour les textes... et, cette fois-ci, la
participation exceptionnelle de Howe Gelb (Giant Sand) sur
plusieurs titres.
Et
c'est sur scène que s'exprime le mieux cette étrangeté métissée.
Mises à nue, les chansons reprennent leur dimension
brute, s'enrichissent des déclinaisons climatiques
et de l'équilibrisme musical du Duo. Une sensation
plus sensible encore sur cet album grâce aux participations
des invités qui apportent chacun une sensibilité supplémentaire,
en particulier Valérie Leulliot dont la voix croise
celle de Naïm sur la plupart des titres, dont "le
dernier mot" qu'elle a composé et une adaptation
du thème de "un homme et une femme".
Joey Burns et Sean Rogers respectivement au violoncelle
et à la
contrebasse apportent toute la chaleur des cordes et
Howe Gelb la touche finale aux claviers.
Naim et Thomas poursuivent désormais des carrières solos.
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