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En boxe il y a les puncheurs et les techniciens,
en poésie
aussi. Nonstop cherche le KO à chaque phrase.
Road movie en béquilles, est un disque dont on ressort
littéralement sonné.
Oscillant entre une poésie
urbaine sombre et désabusée,
et des rythmiques à la croisée du hip hop et
de la techno, Nonstop tend le micro à la folie. Mais
qu'on soit bien d'accord, il ne s'agit pas du énième
chanteur qui bégaie son mal être. Avec son accent
toulousain complètement assumé, Frédo
Roman, parle, scande, crache ses mots, et s'égosille
sur un entremêlement de samples, de boucles et de beats
plus ou moins lourds ou entraînants.
Profondément noirs, les textes évitent cependant
de tomber dans un défaitisme pesant et rébarbatif
car leur auteur se joue de la langue, jongle avec ses propres
mots, et évite ainsi de se prendre trop au sérieux.
Enervé certes, il a eu la bonne idée de ne
pas perdre son sens de l'humour pour autant. Un mélange
explosif de Michaux et Coluche, pour faire vite. Et si sa
verve est incisive, tranchante et abrupte, l'humour trash
et cynique de Frédo Roman permet de se détacher
de la noirceur qu'il décrit, de prendre du recul,
de prendre une claque tout en évitant le mal de crâne …
Produit par Arnaud Michniak, Road movie en béquilles
s'inscrit dans la lignée de Programme tout en s'en éloignant
sérieusement… Musicalement, on retrouve dans
le disque l'influence du rap old school et du rock indé,
soumis énergiquement à l'épreuve du
beat. Des mélodies de damné sur des rythmiques
de survie. Avec, en prime, des chansons limpides et tubesques.
Sur scène, Nonstop est accompagné par Richard
Roman, son frère, à la basse et de Den's Degiovanni à la
batterie, tout deux autrefois membres du légendaire
groupe toulousain Diabologum, de Renan Guilcher à la
guitare ainsi que de Dj Vener, virtuose du scratch épileptique.
Ce qui promet un déluge de feu, une pluie de grenouilles,
une apocalypse sonique !
La fin du monde, à force d'en parler, de la prévoir,
on l'impression qu'elle est déjà passée.
On imagine Nonstop courir et gueuler ses textes avec l'apocalypse
derrière lui.
Un trou dans l'espace temps peuplé de rires affolés. |
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