Qui aurait cru que Yann Tiersen et Shannon Wright, séparés
par un océan géographique et linguistique, décident
un jour de faire un bout de route ensemble ?
D'un côté Yann Tiersen, qu'on ne présente
plus depuis le succès planétaire d'Amélie
Poulain. Ces musiques reconnaissables entre toutes par leur
pouvoir d'évocation cinématographique doublé d'un
romantisme noir intemporel qui n'a pas besoin de traduction
pour toucher le coeur et l'âme. Une attaque de piano
reconnue par ses pairs, un style à part entière
qu'une grande part de la scène française.
Américaine, Shannon Wright a conquis le coeur d'un public
rock à la recherche de sincérité en une
poignée de concerts d'émotion brute et deux albums
distribués en France. Sa manière de griffer l'air
avec sa guitare électrique, juste accompagnée
d'une batterie à ses ordres laisse des traces indélébiles
dans la mémoire, dans la peau. Son jeu de piano unique
prend aux tripes, Shannon joue avec les nuances de sa voix,
pour la soutenir ou la contredire dans des moments d'un calme
toujours en montagnes russes.
Shannon
et Yann se croisent pour la première fois
en septembre 2003, n'échangeant que quelques mots, échappés à leur
timidité naturelle. La véritable rencontre
a lieu au printemps 2004, à Paris, alors que Yann
travaille déjà à son prochain album
(qui sortira en mars 2005) . Les premiers jours sont polis,
timides, parfois même angoissés. Fabrice Laureau
(ingénieur du son de "L'Absente" et producteur
de Françoiz Breut, Dirty 3, nlf 3 Trio ...) prend
les choses en mains, comprenant rapidement ce que chacun
attend mais n'ose pas demander, ne maîtrisant pas la
langue de l'autre. A partir de là, les doutes fondent
dans une effervescence créatrice qui réchauffe
singulièrement l'ambiance du studio. Dix jours plus
tard, ils dévoilent leurs premiers morceaux à l'occasion
du festival Ici d'Ailleurs de Paris. On assiste alors à un
véritable ballet entre Shannon au piano et Yann au
violon. Il devient évident qu'ils ne peuvent s'arrêter
là.
Les deux artistes se retrouvent à Paris en juillet
2004 pour continuer leur collaboration à huit-clos.
Peu de spectateurs pour cette odyssée qui pousse chacun à remettre
en perspective des fragments de son univers, à proposer
des arrangements à l'encontre de la logique, à mettre
ses manies au service des idées de l'autre pour créer
une oeuvre véritablement commune, toujours ordonnée
par Fabrice Laureau. Ils échangent et partagent leurs
instruments (guitare et piano pour Shannon Wright, piano,
accordéon et violon pour Yann Tiersen), accompagnés
de marimba, violoncelle, métallophone, accordéon.
Shannon ouvre son coeur dans des textes aux couleurs chatoyantes
comme "Ode to a friend" ou "Sound the bells".
Elle monte d'un ton sur " While you sleep " et
Yann racle son violon avec violence. A l'opposé, "No
mercy for She" dévoiler une Shannon dont la fragilité s'exprime
avec douceur, pour la première fois.
La sensibilité et la pudeur que partagent Shannon
Wright et Yann Tiersen ne pouvaient donner qu'un de ces miracles
auquel il faut assister pour croire. Ce miracle se décline
en dix plages lumineuses et delicates, telle une pluie d'étoiles
dont on est heureux d'être le spectateur.
Cathimini
En co-production avec Vicious
Circle. Yann Tiersen
apparaît
avec l'aimable autorisation de Labels.
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