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PALESTINE, un titre original, 6 interprétations par 6 personnalités au caractère tranché.
Pierre angulaire de Dust Lane, le prochain album de Yann Tiersen, PALESTINE est au confluent des multiples talents de l'artiste. Témoignage d'un parcours sans faute où le toy piano s'harmonise avec les instruments numériques, la batterie implacable de Dave Collingwood et la voix caractéristique de Matt Elliott . Une invitation au voyage dans une période tendue, sans doute, mais surtout un hymne humaniste sans frontière, où se reflète un indéfectible espoir.
Ici,d'ailleurs a proposé à une partie du collectif This Immortal Coil dont Yann Tiersen lui même de donner une relecture de ce titre emblématique.
Deadverse (Dälek) commence les hostilités avec une version digne d'une division blindée prête à écrouler les genres comme les murs, hip hop lourd aux rythmes industriels ravageurs et lancinant pour dancefloor moderne.
Chapelier Fou, dans une cartographie rythmique complexe, à l'image de son premier album à paraitre ce même mois de mars, déconstruit savamment les frontières de PALESTINE dans un effondrement en slow motion séquencé, bouleversant plan continu où l'image semble naître du son.
Matt Elliott réanime son projet The Third Eye Foundation pour un retour en état de liberté complète, frappe les esprits par son inimitable dub fantomatique et crépusculaire et impose une fois de plus l'évidente universalité de son langage.
Yann Tiersen en vagabond trans-genre pacifie son titre en ouvrant ses propres frontières aux spectres de compositeurs sériels, à ceux des précurseurs allemands de l'ère numérique tout comme aux post-Timothy Leary des années 2000, pour une facette encore inconnue de l'artiste.

Yann Tiersen est sans conteste l'un des artistes français de sa génération les plus connus et les plus réputés pour sa qualité de compositions au monde.
Bien entendu c'est au travers de la musique du film Amélie Poulain que sa notoriété s'est établie de manière forte. Florilège de ses premiers albums La valse des monstres, Rue des cascades et Le phare, cette BO a révélé au plus grand nombre sa sensibilité de composition, mêlant avec génie néoclassicisme, pop et sonorités folkloriques dépouillées de tout cliché.
Mais c'est surtout et avant tout pour ses prestations scéniques, seul ou avec son groupe que Yann a définitivement marqué les esprits, pour son émotion, sa force et la liberté totale d'envisager sa musique et de l'offrir au public. C'est dans cet esprit libertaire qu'il composera ses albums suivants, alternant classicisme pour le cinéma (Good-bye Lénine, Tarbarly) et musique "pop" pour ses albums studios (L'absente, Les retrouvailles) où d'invités prestigieux se côtoient pour rendre grâce à sa qualité unique de composition (Stuart Staples, Jane Birkin, Dominique A, Lisa Germano, Neil Hanon etc.)
Fort de ses succès discographiques et scéniques, Yann n'a cependant cessé de creuser son propre sillon sans jamais s'arrêter sur l'image que le "grand public" a bien voulu lui donner; expérimentant sans cesse de nouvelles orientations musicales et s'ouvrant à de nouvelles collaborations (Shannon Wright, This Immortal Coil, Orka...), rappelant ainsi à ceux qui veulent bien l'entendre que ses limites musicales ne seront que celles qu'il voudra bien poser à cet instant. Yann n'aura depuis de cesse de transmettre ce message tout au long de ses tournées aux quatre coins du monde, jouant ses propres standards sous un aspect sans cesse renouvelé, bousculant ses propres codes.
Dust Lane, nouvel opus à venir le démontre de manière magistrale en faisant voler en éclat toutes notions de frontières musicales; si le projet est définitivement rock dans son approche, c'est toute la beauté et force de composition qui le caractérise que l'on retrouve et c'est bien entendu sur scène qu'il aura tant de plaisir à le faire partager.
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